Paroles d'experts
Le Dr Eric LORRAIN et le Dr Martine CHARLES livrent leurs visions complémentaires des enjeux et des perspectives de la phytothérapie clinique individualisée.
Les professions de santé connaissent actuellement une vaste mutation qui s’inscrit dans le fil de l’histoire. Faire face aux enjeux de santé publique, aux besoins de santé de chaque patient, à ses demandes légitimes d’efficacité mais aussi de non iatrogénicité des solutions thérapeutiques proposées, tout en faisant face aux évolutions socio-économiques en cours, aux exigences de la médecine basée sur les preuves comme celles d’une prise en charge globale de la santé perçue et vécue comme un tout : on voit bien là qu’il s’agit d’un vaste chantier, qui concerne plus que jamais les médecins, pharmaciens , dentistes, vétérinaires, sages-femmes… La phytothérapie, basée sur une approche globale et ancestrale de la santé, vit actuellement une évolution majeure du fait de progrès scientifiques récents, ce qui ouvre la voie à une nouvelle voie thérapeutique préventive et curative basée sur des preuves : la phytothérapie clinique individualisée, qui se différencie de l’utilisation des molécules de synthèse mais aussi de l’utilisation ancestrale des plantes médicinales.
Dr Eric Lorrain, Président de l'Institut Européen des Substances Végétales (IESV)
La phytothérapie clinique individualisée constitue une approche à visée thérapeutique permettant d’utiliser les observations quotidiennes effectuées auprès des malades et les données scientifiques les plus récentes. La synthèse des éléments apportés par les deux permet une approche physiopathologique prévisionnelle du patient et par conséquent un
traitement à réelle visée préventive et strictement personnel.
Elle nécessite une approche clinique détaillée, amplement et à tort délaissée, qui seule permettra d’orienter intelligemment les examens biologiques et évitera la multiplication infructueuse et coûteuse de ces examens pourtant indispensables.
Autant la pertinence de la phytothérapie dans les pathologies aigues graves paraît limitée, autant elle retrouve ses lettres de noblesse dans les pathologies inflammatoires chroniques du fait d’une palette thérapeutique infiniment plus étendue et mieux tolérée que les traitements chimiques habituels.
Dr Martine Charles
Source : Bulletin de l'Institut Européen des Substances Végétales (IESV) – 4 octobre 2008